Dormir pour prévenir le burnout

Dormir pour prévenir le stress psychotraumatique chez les militaires et le birnoutdans l'entreprise
Dormir pour prévenir le stress psychotraumatique chez les militaires et le birnoutdans l'entreprise
L'autre jour, j'ai regardé un reportage sur LCI sur la gestion et la prévention du stress post traumatique chez les militaires. Cela m'a donné envie d'écrire un post sur Facebook car j'ai trouvé que cela résonnait fortement avec les questions de souffrance au travail et de burnout. En l'écrivant, je me suis rendue compte que le sujet méritait plus qu'un post et j'ai donc décidé d'y revenir et de le compléter pour le transformer en article sur mon Blog.
Dans le monde professionnel la souffrance psychique peut prendre des formes variées, de la simple sensation d'une pression anxiogène, au stress port-traumatique du burnout, en passant par toutes     sortes de troubles anxieux ou dépressifs, voire de conduites addictives. Une étude présentée  aux rencontres de la santé publique par la Docteure Imane Khireddine-Medouni, vient de révéler plusieurs évolutions: le burnout et plus largement les maladies socio-professionnelles, augmenteraient plus chez les cadres que dans les autres catégories de la population active. Cela toucherait également plus les femmes, et a fortiori celles qui ont plus de 45 ans, pour stagner ensuite au delà de 54 ans.
Pour proposer une démarche préventive et pouvoir accompagner aussi, celles et ceux qui sont déjà en souffrance, je me suis intéressée de plus près aux facteurs déclencheurs de ce mal-être professionnel. Ce qui m'a frappée, c'est que certaines préconisations issues des recherches des médecins militaires me semblaient pouvoir tout à fait s'adapter au monde du travail. 
 
J'ai en particulier retenu que, pour les soldats, la question du sommeil est jugée essentielle à plusieurs titres.
 
L'accumulation de fatigue fragilise. Elle diminue la capacité à gérer la pression. Elle favorise le risque de subir un traumatisme psychique face à la violence des combats. Aussi, les militaires sont-ils formés pour apprendre à gérer leur sommeil. C'est une priorité considérée comme vitale à double titre: être au mieux de leurs capacités dans le combat;  prévenir les risques de stress post-traumatique.
Par analogie, on peut sans doute mettre en parallèle l'augmentation des pathologies professionnelles et les résultats des études qui montrent que le temps moyen de sommeil des français diminue:
  • en mars, une étude a par exemple, mis en évidence que le temps de sommeil de la population active était passé en dessous de la barre des 7h par nuit.
Prendre conscience de l’importance du sommeil dans la capacité à gérer le stress professionnel me semble d'autant plus essentiel, que la fréquence des burnouts augmente surtout chez les femmes. Or, en tant que femme, il me semble que nous sommes particulièrement concernées par les difficultés à pouvoir dormir suffisamment et pouvoir le faire suffisamment bien: 
  • le fait de devoir plus souvent gérer une double vie professionnelle et domestique que les hommes, empiète non seulement sur le temps que nous pouvons consacrer au sommeil mais aussi sur celui que nous pourrions utiliser pour avoir l'activité physique indispensable à la qualité de celui-ci.
  • Cela est d'autant plus vrai pour celles qui ont entre 45 et 54 ans, que la péri-ménopause et les troubles du sommeil qui lui sont associés, accroît encore les difficultés à pouvoir récupérer correctement.
Comme son nom l'indique, une fois déclaré, l'épuisement professionnel signifie un état de fatigue à la fois physique et psychologique qui impliquent de mettre au repos le plus total, les personnes atteintes d'un burnout. Suite à ce traumatisme, certaines personnes dormiront quasi non stop pendant trois semaines, d'autres, ce sera pendant des mois. Dans le burnout, rien ne peut être fait pour accompagner dans la reconstruction, tant que le corps et l'esprit n'ont pas récupéré. Retrouver un sommeil réparateur est une étape essentielle. Il ne faut pas en faire l'économie.
 Une fois le premier choc passé, les médecins préconisent de se (re)mettre dés que possible, à faire de l'activité physique: cela n'a pas besoin d'être intense, cela peut être juste de longues marches (qui servent aussi à réfléchir), faire du vélo (même électrique), ou nager pour se faire plaisir ...
  • D'ailleurs, si vous voulez aider quelqu'un qui est en burnout, pas de conseils à la mode "tu devrais...il faudrait..." mais plutôt, sollicitez-le/la, accompagnez-le/la, aidez-le/la à faire de grandes ballades, à son rythme, mais le plus régulièrement possible pour l'accompagner dans sa convalescence.
La question du sommeil gagnerait à être prise en compte dans la prévention des risques psycho-sociaux en entreprise.
En entreprise, il me semble que la gestion des risques psycho-sociaux pourrait s'intéresser de plus près à la question du sommeil chez les collaborateurs. En parallèle, donner quoiqu'il arrive, la priorité à la quantité et à la qualité de son sommeil, devrait être un réflexe chez tous ceux qui cherchent à mieux gérer leur stress, à préserver leur santé, et à être plus performant.
La quantité tout d'abord:
  • Les études s'accordent pour montrer que pour un adulte, il est essentiel de trouver le temps de dormir 7h en moyenne (entre 6h pour les petits dormeurs et 8h pour certains). En deçà, cela augmente les risques dépressifs, les risques cardio-vasculaires et cela impacte négativement les compétences émotionnelles, relationnelles et la capacité à gérer les situations de crise (urgences professionnelles, pression, stress). Ce temps moyen de sommeil peut être fragmenté. Ce qui compte c'est la quantité totale sur un cycle de 24 heures. Les entreprises ont donc un rôle à jouer en proposant par exemple des espaces de récupération où il est possible de faire une sieste sur ses temps de pause.

La qualité ensuite:

  • La quantité ne suffit pas, il faut aussi que le sommeil soit un sommeil réparateur. Les recherches militaires rappellent que les conditions d'un bon sommeil sont l'absence de lumière (pas de leds en veille dans la chambre par exemple 😉), le calme, une position confortable. Les militaires insistent aussi sur les effets nocifs des écrans sur l'endormissement (...ça on le savait déjà 😏). Mais on l'oublie souvent, c'est aussi l'activité physique dans la journée qui est déterminante pour bien dormir. De l'importance de pouvoir trouver sans sa vie professionnelle la possibilité de se dépenser physiquement:  bureaux-debout, bureaux avec tapis de marche ou cycle, salles de sport, réunions en marchant (cela se pratique de plus en plus dans les pays nordiques) etc..
Enfin, le reportage sur LCI nous apprend aussi que les militaires utilisent largement les techniques de méditation, sophrologie, relaxation, visualisation.
  • Cela peut surprendre car le monde de la méditation est rarement associé spontanément à celui des soldats. Pourtant ces techniques font partie du bagage essentiel dans la préparation des hommes au combat. Non seulement elles contribuent à favoriser un endormissement rapide qui aide à pouvoir utiliser tous les moments d'inaction pour dormir. Mais il s'agit aussi d'un moyen qui peut à la fois aider ceux qui sont traumatisés par des actes de guerre, à la fois  prévenir les risques de traumatisme pour ceux qui sont en opération.
A méditer (c'est le cas de le dire 😉) pour tous ceux qui, simples civils, veulent se soigner d'un burnout mais aussi par tous ceux qui veulent s'en prémunir.

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