Gérer la crise ou construire sa résilience : quelles différences ?

Gérer une crise en entreprise, c’est mettre en place des mesures et une forme de management qui s’installent pour une durée relativement courte et dont l’objectif est de répondre à des besoins ponctuels, même s’ils sont exacerbés par le contexte.

 

Travailler sur la capacité de résilience de son équipe ou de son entreprise, c’est un travail d’une autre nature et qui s’inscrit dans le temps.

 

Boris Cyrulnik, qui a notamment travaillé avec les militaires pour mettre en place un programme de prévention afin de les préparer à supporter les traumas de guerre, insiste sur l’importance du sentiment d’appartenance et du sens que les militaires accordent à leurs missions. Il explique que la capacité de résilience c’est bien plus et bien autre chose que de simplement savoir traverser une crise.

La résilience désigne la capacité à reprendre un développement autrement

 

Que ce soit pour une personne ou une équipe, la capacité de résilience désigne plutôt sa capacité à reprendre un développement satisfaisant, malgré les circonstances exceptionnelles.


Autrement dit, face à la situation sanitaire que nous traversons et qui nous traumatise à titre individuel comme à titre collectif et économique, ce que nous apprennent les travaux sur la résilience, c’est qu’il ne s’agit ni de résister à la crise, ni de tenir bon pour la traverser. Au contraire. Il s’agit surtout de faire un travail d’acceptation. C’est-à-dire  :

 

- accepter d’abord que la situation est comme elle est et qu’elle est irréversible

 - pouvoir la regarder en face et devenir capable d’en admettre toutes les implications.

 - renoncer à en chercher les causes qui nous dépassent et encore moins les coupables mais se focaliser au contraire sur les solutions, les développements et les opportunités qui s’ouvrent à nous

 - admettre de ne pas forcément savoir et pouvoir se tromper plutôt que de renoncer avant d’avoir tenté

 -accepter d’avoir besoin d’aide et s’appuyer et/ou mettre en place le réseau des personnes qui pourront faire office de tuteurs de résilience : soutiens managériaux, coachs, groupe de pairs et co-développement, ligne RH etc…

La résilience implique de faire le deuil de la situation précédente

 

Le deuil de la situation précédente est en effet indispensable pour permettre l’émergence d’un nouveau développement.


C’est-à-dire d’un développement qui sera très différent de celui de la période précédente, mais qui, si le deuil est vraiment fait, pourra être vécu pour lui-même, c’est-à-dire comme étant ni mieux ni moins bien que le développement antérieur.Contrairement à ce qu’on imagine parfois, la résilience n’a rien à voir avec une histoire de supers héros qui résisteraient à l’adversité. Elle est au contraire faite de doutes, de craintes, d’angoisses, d’erreurs mais aussi de confiance en soi, de motivation et d’espoir. Elle n’est pas non plus linéaire : une personne ou une équipe peut être résiliente dans un domaine et beaucoup moins dans un autre. Elle est plutôt une question d’état d’esprit et de capacité à donner du sens à ce qui advient tout en racontant son histoire d’une nouvelle façon.

 

Lorsque nous racontons nos histoires de vie, elles ne parlent en fait que d’une toute petite partie de ce que nous vivons, ressentons et pensons. Non seulement nous ne pouvons sélectionner que très peu d’éléments de vie par rapport à tous ceux que nous vivons, mais nous en oublions aussi beaucoup :  nous les négligeons, les perdons de vue, jusqu’à n’en avoir même plus conscience.

 

Choisir une nouvelle histoire préférée pour reprendre son développement.

 


 

Construire la résilience d’une personne, d’une équipe ou d’une entreprise, cela consiste notamment à rebalayer ses histoires de vie pour mettre en lumière de nouveaux chemins. S’appuyer sur des faits, des actions, des rencontres, des pensées que nous avons peut-être négligés jusque-là mais qui, reparcourus à la lueur du nouveau contexte, prennent un sens nouveau et constituent autant de nouvelles ressources. Une équipe ou une personne peut faire ce travail sans aide extérieure. Mais l’accompagnement et les questions d’un facilitateur ou d’un coach professionnel sont souvent aidantes pour réussir sortir du déni, faire son deuil, et repartir sur le cours d’une nouvelle histoire de développement.  

 

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