Et si on arrêtait de croire au Bonheur?

Hier, j'ai reçu un petit message d'une amie qui compte beaucoup pour moi. Elle me comparait à une  actrice connue et me disait qu'elle ne pouvait pas la voir sans penser à moi, et que pour elle, j'étais son sosie. Elle m'a envoyé ce petit message juste comme ça, parce qu' elle venait de voir cette actrice, qu'elle pensait à moi et qu'elle avait envie de partager cela. J'ai reçu cela avec joie, toute simplement, presque naïvement. Je n'ai pas cherché à raisonner pour savoir si oui ou non c'était vrai. J'ai pris cette comparaison, comme on mange un bonbon, avec gourmandise, avec plaisir et je m'en suis délectée. 

Les petits bonheurs de tous les jours j'ai appris à les apprécier. Et je les cultive!

Quand il était petit, mon fils m'a offert, pour la fête des mères, une boite à mots doux. Une petite boite, toute décorée avec de gros cœurs dorés et plein de couleurs. Dedans, plein de petits papiers pliés avec ses messages d'enfant: "maman tu es la plus gentille", "maman tu es celle qui fait les plus beaux câlins", "maman je t'aime beaucoup beaucoup".. Cette petite boite à bonheur est toujours sur mon bureau 10 ans plus tard. Parfois je l'ouvre et je relis un mot doux au hasard. C'est une source inépuisable de réconfort. Merci encore à l'instit qui en a eu l'idée! ...

Voilà c'est ça! Arrêter d'attendre le grand bonheur:

"quand je serais grande je voudrais..." 

"Quand j'aurais un amoureux, je serais.... "

"Quand je changerai de travail, je ferais..."

"Quand j'aurais de l'argent, on pourra...";

 et profiter du moment. De la somme des petits moments de vie . Croire au Bonheur avec un grand B, c'est une sorte de leurre qui empêche de voir tous les instants dont la vie est faite.

 Jeanne Siaud Fachin nous rappelle qu'être heureux c'est tout sauf mièvre. Même dans les moments difficiles de l'existence il y a toujours des instants d'éclat où la vie reprend le dessus. Mais il faut savoir les capter et en avoir conscience. Notre cerveau est programmé depuis les âges préhistoriques à repérer les dangers pour pouvoir s'y adapter. Nos émotions fonctionnent comme autant d'indicateurs dont le but est de nous permettre de survivre. Mais transposés dans le monde d'aujourd'hui, c'est aussi ce qui nous pousse à mettre beaucoup plus d'énergie à repérer ce qui ne va pas et à ruminer sur ce qu'on ressent plutôt qu'à focaliser notre attention sur tout ce qui va bien. Lorsqu'on apprend à reconnaître ces petits riens qui vont bien, c'est comme si on se mettait à remplir sa boite à mots doux. C'est autant de petits messages, de ressources dans lesquels on pourra aller puiser quand cela ne va pas bien.

Il faut juste prendre le temps de les repérer et de les intégrer à ce qu'on est au plus profond. Quand je dis "juste prendre le temps", ça peut ne pas être si simple au début! Prendre le temps de les noter dans un carnet par exemple, cela peut être une bonne façon de se "forcer" à les repérer et à réaliser à quel point, il y en a plein de ces petits instants qui brillent un peu plus que les autres. 

Quand on en a pris l'habitude, qu'on s'est entraîné à les capturer et à les incorporer comme quelque chose qui nous constitue, cela devient quelque chose d'intime. C'est cette multitude de tout-petits arrêts sur image qui nous permettent alors d'apprendre à être là, dans le moment présent et d'en avoir conscience: Un repas en famille où on rit tous ensemble, une ballade où on croise un geai, un écureuil ou un vol d'étourneaux, un bon film, un sourire dans le métro, un fou rire avec un collègue, une tasse de thé parfumé avec un ami.... un petit message juste comme ça,  sur son smartphone où une amie vous dit qu'elle pense à vous, que vous êtes belle et pleine d'énergie! Une boite à mots doux d'il y a 10 ans, qu'on relit avec son ado, complices....


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Commentaires: 1
  • #1

    Jeanne R (jeudi, 13 juin 2019 18:20)

    Si c'est comme ça!je veux bien arrêter de croire au bonheur... juste pour être heureuse ��