Etre indulgent pour soi et pour les autres: méditation

La méditation et les pratiques inspirées du bouddhisme sont à la mode. Mais pas seulement. De plus en plus d'études montrent qu'une pratique régulière aurait des effets bénéfiques sur le cerveau et sur l'ensemble de notre corps.

 

Je pratique régulièrement la méditation. Sans doute suis-je moi aussi influencée par cette tendance ! Mais tant pis ou plutôt tant mieux ! J'assume parce que j'y trouve une façon de remettre à leur juste place toutes ces petites voix intérieures qui n'arrêtent pas de me pousser à faire toujours mieux et toujours plus: Travailler plus; Faire plus de sport; Lire plus; Organiser, gérer, améliorer, optimiser, planifier.....

 

Méditer c'est apprendre l'indulgence. Ou plutôt, non. Ce n'est justement pas un nouvel apprentissage qui se rajoute à tous les autres.... je décrirai cela plutôt comme le fait d'accepter de prendre un moment pour soi. N'importe quand, n'importe où... Pendant 3 minutes, 45 minutes, une heure .... en étant assis, allongé, en marchant, dans son lit ou dans le métro.... pas de règles. Dans un monde fait de toutes sortes d'injonctions, c'est ça qui est le plus difficile dans la méditation : accepter de prendre le temps de la pratiquer. J'avoue qu'il y a des jours où je n'y arrive pas. Mais je finis toujours par y revenir pour la sérénité et la force intérieure que j'en retire.

 

Pour moi la méditation, c'est juste se concentrer sur sa respiration ( et/ou ses sensations corporelles, les sons etc..) et prendre conscience qu'on est là. Juste là, ici et maintenant. Sans juger si cela est bien ou mal ou pas assez... ni trop... juste être là.

 

Beaucoup de personnes se disent incapables de méditer : "je n'y arrive pas"; "je pense toujours à plein de trucs, je suis incapable de rester comme ça, à rien faire ..." En fait, méditer c'est justement ça ! C'est rester là, à observer comment son esprit pense à une foule de choses... Un esprit ça ne se débranche pas! La seule chose qu'on peut faire c'est prendre le temps de prendre conscience de la façon dont tout cela fonctionne.

 

En méditation, la seule véritable consigne à respecter c'est: quand on repère que notre esprit est parti dans une pensée, en prendre acte et le ramener doucement dans le moment présent. Exactement comme on tendrait la main à un enfant pour lui permettre de rester en équilibre sur une poutre. A chaque hésitation, l'état de méditation est juste là pour assurer l'équilibre et permettre de retrouver sa concentration.

 

 

J'aime bien l'image des feuilles mortes ou des nuages pour illustrer ce qui se passe. Les pensées sont comme des feuilles ou des nuages qui arrivent dans le champ de conscience. On les voit mais on choisit de les laisser s'envoler dans le vent sans chercher à les attraper et encore moins à les retenir ni à les suivre... d'autres arrivent et ainsi de suite.... Quand, de temps en temps, il arrive qu'on en suive une, on la lâche du regard dès qu'on s'en rend compte, pour revenir à son poste d'observation.

 

La base de la méditation c'est seulement ça. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise méditation. Juste des jours où l'esprit est plus agité que d'autres. Des jours où les feuilles s'envolent les unes après les autres, d'autres où elles tourbillonnent, viennent et reviennent sans qu'on parvienne à les laisser s'envoler...

 

Paradoxalement, c'est peut-être ces jours là où la méditation est la plus riche. Parce qu'on peut observer comment notre esprit produit des idées fixes, des ruminations, des obsessions. C'est dans ces moments-là, qu'on peut réaliser à quel point cela se produit presque sans qu'on ne s'en rende compte. Un bruit, une odeur, un rien... qui nous font partir sur une idée: "il ne faut pas que j'oublie mon rendez-vous... il faut dire, penser, faire ceci/ cela.... j'ai vraiment été nulle ..il m'a agacée...etc...". Quand on prend juste la peine de se dire: " ok j'ai un rendez-vous ... mais là, tout de suite, maintenant, ce n'est pas le moment d'y penser...j'y penserai plus tard... je suivrai cette idée tout à l'heure..."; on se rend compte que c'est possible.

 

Au total, faire cela pour chaque pensée qui passe, même si c'est seulement pendant 5 minutes, ça rend plus indulgent. Pour soi-même et pour les autres:

 

"Finalement ce que je pense de moi et qui m'obsède: mon nez, mes difficultés à prendre la parole, mon dossier, les défauts de l'autre ....; ce ne sont que des idées parmi tant d'autres, ni plus ni moins réelles" . Grâce à la méditation "Je sais que je peux choisir de les remettre à leur juste place et ne pas les suivre si c'est pour les laisser me submerger de stress, d'angoisse ou d'inquiétude" .

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Helene L. (jeudi, 13 juin 2019 08:21)

    Après le coaching que j'ai fait avec toi, j'ai pris l'habitude de méditer. Je ne me suis pas encore lancée dans une vraie formation mais j'utilise des tutos trouvés sur YouTube. C'est vrai que ça aide pour ancrer tout ce qu'on a travaillé ensemble. Encore merci pour ce que tu m'as apporté !