Supervision individuelle ou supervision collective?

Blog des coachs : 
Conversation entre superviseurs sur la supervision collective versus la supervision individuelle: nous nous sommes demandés si le profil des personnes qui venaient nous voir pour l‘un ou pour l’autre était différent. 

Nous avons d’abord discuté autour du prix des supervisions 
C’est un vrai budget et ce n‘est pas évident de le sortir quand on commence!
 La supervision collective coûte moins cher, et c‘est probablement une des raisons qui poussent certains coachs à choisir plutôt le groupe. En revanche, pour quelqu‘un qui démarre, le groupe peut impressionner. Pas facile de prendre la parole devant tout le monde pour exposer ses doutes, ses erreurs, ses questions parfois intimes sur son identité de coach. Heureusement, on ne plonge pas dans le grand bain sans avoir appris à nager et sans bouée. En supervision collective, en tout cas dans celle que je propose, le groupe prend le temps de se connaître et construit progressivement son expertise. C’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle je propose des cycles de 10 séances. Cela permet de prendre le temps de construire ensemble la dynamique collective entre pairs.

La supervision individuelle est plus rassurante de ce point de vue. 
Plus comme un espace privilégié où on est seul avec son superviseur et où la gêne voire la honte sont beaucoup plus simple à surmonter…. Surtout quand on réalise que le superviseur est d’abord un professionnel avec lequel on partage la même base professionnelle. En effet, lors de notre discussion entre superviseurs, nous nous sommes dit aussi qu’il pouvait aussi y avoir une image déformée de ce qu’était un superviseur… ne serait-ce que parce qu‘il y a le préfixe «super » qui porte avec lui  l’idée d’un « au dessus » d’un « plus que »…
En cela,  la posture du superviseur est un peu différente de la posture basse du coach. Il s’agit d’abord d’une posture de parité.  En tant que superviseure, il me semble par exemple essentiel d’expliciter les outils ou les références méthodologiques que j’utilise, de partager 
parfois mon expérience et mes propres erreurs… ou plutôt ce que j’en ai retenu et retiré, et surtout de redonner à l’autre, c’est-à-dire le coach qui vient me voir, les ressentis de la séance. Les émotions et les vibrations qui parcourent notre travail sont souvent des signes très précieux de ce qui se rejoue de la pratique du coach dans l’ici et le maintenant de la séance de supervision..
Au total, ce n’est pas simple pour un coach de savoir comment s’orienter dans le monde de la supervision…
Quelques petites choses que j’aimerais encore partager avec vous: 

Le/la superviseur.e c’est d’abord un.e pair.e … que ce soit en supervision individuelle ou collective, on parle métier entre coachs. On parle pratique et/ ou développement professionnel et on partage autour de nos expériences respectives. On co-construit des stratégies de développement …
-Le/la superviseur.e est expert.e du processus mais c’est le/la coach.e qui sait pour lui/elle-même. 
- En tant que coach, l’espace de supervision est surtout  un moment pour soi-même, où on peut poser son sac professionnel et prendre le temps du recul et du meta ( d’ailleurs ce serait sans doute plus juste de parler de metaviseur que de « super » quelque chose….mais c’est vrai que ce n’est pas très beau😩). 
- C’est aussi un temps où on peut se connecter à ses besoins profonds: soutien, résolution de cas, développement pro, approfondissement théorique voire spirituel…

L’espace collectif permet de rompre son isolement, de bénéficier de la dynamique de partage du groupe et de son intelligence collective. 
- Entre coachs qui démarrent leur activité, le groupe est particulièrement puissant pour les questions de développement et de construction de son style de coaching. Il élargit aussi le champ de son expérience grâce aux partages de pratique. Cela permet également de s’inspirer des questions posées par ses pairs. Il permet enfin de débarrasser sa pratique de son « vernis scolaire » tout droit sorti des écoles de coaching.
- Entre coachs plus expérimentés, c’est plutôt un espace d’approfondissement qui permet au fil des mois, voire des années, d’affûter sa pratique : en calibrant de mieux en mieux son ressenti émotionnel et ses resonnances, mais aussi en explicitant/comprenant les présupposés théoriques qui sous-tendent telle ou telle pratique pour les mettre en lien avec les questions plus spirituelles, on pourrait presque dire philosophiques, qui sous tendent notre pratique. 

La supervision individuelle, parce qu’elle est plus intime permet plus facilement d’aborder ce qui constitue son identité professionnelle.  C’est un espace plus sécurisant quand on démarre, a fortiori quand on veut travailler sur son alignement professionnel et faire le lien avec son histoire plus personnelle. 
Quand on se connait mieux, cela peut-être un lieu d’approfondissement plus personnalisé que le groupe. 
Alors que pour un coach qui se lance, il est important que le rythme de la supervision contribue à soutenir la pratique et qu’il participe du cadre dans lequel se déroule le travail de supervision, quand la pratique mûrit, il est souvent  plus pertinent de passer à une formule à la carte. 

Enfin, certains éprouvent le besoin ou l’envie de faire les deux. 
Supervision collective d’une part et supervision individuelle à la demande d’autre part. C’est un investissement important mais il est particulièrement puissant pour ceux qui le choisissent … 

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