A la recherche des traces perdues: histoires de faux self

Certaines personnes, que ce soit des dirigeant.e.s ou des mères/pères de famille et parfois même des coach.e.s, ont construit une personnalité dite en « faux self ». 
C’est Winnicott qui a décrit le premier ce dont il s’agit.

Pas facile de définir ce qu’est une personnalité en faux self (faux soi) . C’est Winnicott, qui le premier a décrit ce dont il s’agissait. Loin de tout sens péjoratif , il désigne le fait, qu’au fur et à mesure que le petit enfant se détache des figures parentales, il doit apprendre à s’adapter à son environnement.  Le faux self est donc tout à fait normal jusqu’au moment où la sur-adaptation ( aux parents, à l’école, à l’entreprise…) se fait au détriment du ( vrai) soi.

Autrement dit,  le faux self se construit  en même temps que le self (le soi). Ils  sont l'un et l'autre tout aussi essentiels au développement de la personne à condition néanmoins que leur cohabitation soit équilibrée. Mais tout devient beaucoup plus compliqué quand le faux self se met à prendre toute la place.
Souvent on retrouve dans l’anamnèse de la personne un petit enfant qui a du se sur adapter aux attentes de son entourage…( trop sage, trop poli, trop brillant…), à la maison puis à l'école et souvent dans l'entreprise ensuite...
En tant que coach nous n’allons que rarement explorer ces histoires d’enfance, même lorsqu’on  accompagne des personnes dont le faux self est trop encombrant. Néanmoins lorsque nous recevons ce type de personnes, les sensations que nous ressentons peuvent parfois être curieuses et nous interpeller. 
Personnellement, j’ai une petite musique qui s’installe et résonne à chaque fois que j’ai du mal à me connecter à mes ressentis voire parfois que j’ai même l’impression de devoir faire un effort inhabituel pour me concentrer sur la séance. Comme si, prise par une sorte de reflet systémique je me mettais un peu à «jouer à la coache » en me conformant à je ne sais quel modèle imaginaire de ce que « devrait être » un coach ou un superviseur … comme un comportement qui se sur adapterait lui aussi et qui dissonerait avec mon attitude habituelle ...
Dans ces moments là, en tant que coache, a fortiori en tant que praticienne narrative, mon but n’est jamais de faire un diagnostic pour en tirer un protocole de travail qui sous-entendrait que je pourrais « savoir à la place de la personne » ce qu’il lui faut. Non! cette petite musique me pousse surtout à redoubler de concentration pour être à l'affut, encore plus que d'habitude, de toutes les traces  de cet autre self... le « vrai », celui qui a été négligé, oublié, délaissé dans l’histoire de la personne que j’accompagne...
Mais au début, ces traces là sont souvent extrêmement ténues… elles se dérobent… il faut chercher pour les  dénicher…et lutter pour ne pas se laisser embarquer par l’histoire du faux self qui vient souvent nous endormir pour mieux enfouir la véritable identité de la personne! …
Pour en savoir plus sur le faux self: 
Jeu et réalité de Winnicott, edition de poche. 
 
NB: L’article de Wikipedia reprend les termes de Winnicott qui écrivait dans les années 50. C’est donc du rapport entre la mère et le nourrisson dont il est question. Aujourd’hui on parlerait plutôt des parents… sans négliger notamment le rôle du père ( ou du second parent).

Écrire commentaire

Commentaires: 0